Les cours du pétrole brut grimpent, les récentes élections ont renforcé la stabilité politique et les réformes structurelles se poursuivent en vue de l'entrée de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce. Dans ce contexte porteur, les actions russes, les valeurs hors indice aussi, recèlent des opportunités pour les investisseurs informés et sélectifs.
Une manne pétrolière qui se répand
La production de pétrole russe est la vache à lait de l'État fédéral, mais il ne faut pas oublier que les recettes fiscales ainsi générées sont redistribuées par le biais de dépenses budgétaires, par exemple, sur les salaires des fonctionnaires. Cet argent dope ainsi les ventes au détail et donc la croissance d'entreprises tournées vers la demande intérieure. Ces entreprises domestiques bénéficient ainsi de la manne pétrolière et affichent un potentiel de croissance bénéficiaire important.
La classe moyenne devrait doubler dans les dix prochaines années, stimulant la demande de biens durables et de services. Prenons les ventes automobiles : les Russes étaient les deuxièmes plus grands acheteurs en Europe en 2011 après les Allemands et pourraient devenir les premiers rapidement. Selon nous, les perspectives de l'économie axée sur la demande intérieure sont positives, et il devrait être possible de trouver des entreprises affichant des croissances bénéficiaires de l'ordre de 10 à 30% en 2012.
Pipeline d'opportunités
L'économie tournée vers la demande intérieure comprend le commerce de détail et de gros, la production manufacturière, les services financiers, les transports, la communication, les services aux collectivités, l'immobilier et la construction et représente près de 60 % du PIB russe. Vu la taille considérable, quelque peu surprenante, de ce pan de l'économie, la redistribution de la manne pétrolière permet aux entreprises intérieures de surperformer le secteur pétrolier et gazier dans les périodes de stabilité ou de hausse raisonnable du prix du pétrole et de croître même lorsque les prix des matières premières font du surplace.
En conclusion, l'économie russe est plus diversifiée que ne le laissent paraître l'indice MSCI Russia et ses 26 titres fortement orientés vers l'énergie et représentant à peine 9,1% du PIB. Le marché global compte près de 1 000 titres, dont 200 à 250 sont assez liquides pour être inclus dans un portefeuille élargi, avec une exposition hors indice importante sur un marché présentant actuellement une décote de 49 % sur la base du PER prévisionnel par rapport aux autres marchés émergents.
Ce texte est la synthèse d'un article paru dans BNP Paribas Investment Partners – CONVICTIONS d'avril 2012. N'hésitez pas à contacter votre chargé de clientèle pour de plus amples informations.