Nous avons ramené notre exposition aux actions émergentes de surpondérée à neutre. La modération des indicateurs avancés, la faiblesse évidente de certains chiffres relatifs au contexte économique actuel et les pressions inflationnistes continues ne justifient plus une surpondération selon nous. Nous sommes à présent neutres dans toutes les régions.
La liste des menaces pesant sur les actions en général reste longue et inclut entre autres un ralentissement mondial prolongé, des problèmes budgétaires aux États-Unis et dans la zone euro, ainsi que des politiques monétaires progressivement moins accommodantes. Cependant, les perspectives s’améliorent peu à peu: les problèmes d’approvisionnement dus à la catastrophe naturelle au Japon, les effets des conditions climatiques défavorables aux États-Unis et de la montée des prix pétroliers devraient s’estomper. Il est trop tôt pour surpondérer et nous restons donc neutres sur les actions en général.
Le cycle économique reste favorable aux petites capitalisations selon nous, mais dans une moindre mesure en raison de la prolongation du creux économique. Les taux d’intérêt sont un autre facteur favorable mais nous pensons que les petites capitalisations sont trop onéreuses pour une surpondération. Nous restons donc neutres.
Avec des rendements d’environ 3%, les obligations d’État ne nous semblent plus très intéressantes. L'inflation augmentant progressivement, la Fed ne soutient plus le marché via ses rachats d’actifs. Par ailleurs, la BCE a commencé à normaliser ses taux directeurs et les rendements sont faibles par rapport à l'inflation et à la croissance nominale. Dès lors, nous pensons que les rendements ne peuvent qu'augmenter et nous continuons de sous-pondérer la classe d'actifs.
S’agissant des obligations d’entreprises investment grade de la zone euro, la tendance à la baisse des spreads par rapport aux obligations d’État semble révolue. Les rendements historiquement bas et la vulnérabilité par rapport aux rendements supérieurs des obligations d’État ou l’élargissement des spreads des valeurs financières sont compensés par des bilans sains. Nous restons donc neutres.
Les obligations d’entreprises à haut rendement ont souffert de l’aversion pour le risque, qui a hissé les rendements vers le haut dans la zone euro et aux États-Unis. Cependant, si les rendements des obligations d’Etat augmentent grâce à l’amélioration des perspectives économiques, les spreads de risque des obligations à haut rendement pourraient se contracter. Par ailleurs, les valeurs financières sont moins nombreuses dans cette catégorie. Nous apprécions le rendement du coupon et sommes restés surpondérés.
Nous sommes fondamentalement confiants envers les obligations émergentes. Face à la montée de l’inflation, de nombreux pays émergents sont plus enclins à laisser leur monnaie s'apprécier. Nous maintenons notre surpondération de la dette locale émergente.
Concernant les obligations convertibles, le potentiel haussier de la composante actions et le plancher obligataire devraient s’avérer positifs dans un contexte de prises de positions tactiques. Cependant, la volatilité actuelle sur les marchés boursiers pénalise les convertibles selon nous. L’afflux de capitaux dans cette classe d’actifs constitue un autre facteur qui justifie une position neutre.
Nous sommes neutres sur les valeurs immobilières, quelle que soit la région. Les valorisations européennes sont globalement onéreuses à nos yeux par rapport aux actions, mais la dynamique de marché s’oppose à cette vision. En Asie, l’immobilier asiatique devrait bénéficier de la vigueur de la croissance mais pâtir des politiques menées actuellement.
Les matières premières (surpondération) ont souffert du ralentissement mondial et de l’aversion pour le risque. Le pétrole a aussi été affecté car les pays développés ont annoncé qu’ils libéreraient une partie de leurs réserves stratégiques. Les valeurs agricoles ont été victimes de l'augmentation des plantations aux États-Unis. Nous restons toutefois positifs sur le pétrole et les produits agricoles. Bon nombre de producteurs pétroliers sont proches de leur capacité maximale tandis que le changement des habitudes alimentaires dans les marchés émergents devrait soutenir la demande de produits agricoles.